Nos ennemies les tiques!

18 février 2019
Image Nos ennemies les tiques!

Le printemps est bientôt là (en tout cas, les températures sont printanières!) et nous nous promenons régulièrement avec nos chiens dans les forêts et les champs, le long des rivières et au bord des lacs. Or ces zones constituent l’habitat des tiques qui sont toujours prêtes à se fixer sur des proies pour se nourrir du sang de celles-ci.

La tique (die Zecke en allemand) est un acarien (et non pas un insecte) qui vit en parasite aux dépens des animaux (notamment nos amis les chats et les chiens ainsi que les animaux de ferme) et aussi de l’être humain. En effet, la tique a besoin de boire le sang de ses victimes pour vivre. Cachée parmi les poils de nos animaux, la tique peut rester plusieurs jours à se gaver de sang sans être remarquée. Sur l’homme elle est en général assez vite découverte et de ce fait, on peut l’éliminer sans trop tarder.

Le problème est que la tique est parfois infectée par des microbes et que, dans ce cas, elle est susceptible de contaminer son hôte. C’est ainsi que chez l’être humain elle peut provoquer deux maladies sérieuses, la borréliose et l’encéphalite à tiques.

La tique est donc un vecteur de maladie qui, suivant les conditions climatiques, peut sévir du début du printemps à la fin de l’automne, et dont il faut se méfier.


La borréliose

La borréliose est aussi connue sous le nom de maladie de Lyme. L’agent pathogène est une bactérie appelée "Borrelia burgdorferi", qui vit dans l’intestin de la tique. Vu cette localisation il faut que la tique infectée reste un certain temps (en principe une douzaine d’heures) sur son hôte pour que la bactérie soit transmise. C’est pourquoi il importe de se débarrasser de la tique dès qu’on la découvre, en veillant à l’enlever totalement puis à désinfecter l’endroit. En Suisse, on estime que la bactérie infecte en moyenne un tiers des tiques. Le risque d’être piqué par une tique porteuse de la bactérie existe dans tout le pays, mais il est plus élevé sur le Plateau que dans les Alpes.

La borréliose se développe progressivement chez l’homme à partir du moment de la contamination et on distingue trois stades.

Le stade I (précoce localisé) correspond à l’infection locale. Une réaction cutanée aiguë apparaît dans les deux jours à l’endroit de la piqûre sous la forme d’une tache rouge qui disparaît ensuite rapidement. Souvent survient par la suite (entre trois jours et près de cinq semaines) au même endroit une lésion caractéristique appelée "érythème migrant", qui a un aspect annulaire "en cocarde" avec un centre pâle et un pourtour rouge. Cette lésion va peu à peu disparaître, mais elle est un signe d’extension de la maladie et peut s’accompagner de signes généraux intermittents (fatigue, maux de tête, fièvre, douleurs musculaires).

Le stade II (disséminé précoce) est celui de la dissémination de la maladie qui se manifeste par des symptômes en relation avec des atteintes organiques (cutanées, neurologiques, cardiaques ou articulaires).

Le stade III (tardif ou chronique) est caractérisé par des atteintes organiques diverses principalement cutanées, articulaires et neurologiques, qui deviendront chroniques et seront difficiles à traiter.

Les antibiotiques constituent le seul traitement de la borréliose, et les chances de guérison sont d’autant plus grandes que l’on intervient tôt. C’est pourquoi en présence d’une lésion cutanée susceptible d’être due à une piqûre de tique, et a fortiori en cas de manifestations plus importantes, il est indiqué de consulter un médecin. Celui-ci posera le diagnostic et prescrira un antibiotique approprié. Au stade I (même si l’érythème migrant apparait au bout d’un mois), l’antibiotique permet une guérison rapide. Au stade II, la maladie est encore traitée avec succès. Au stade III, il est tard et il y aura des séquelles malgré le traitement antibiotique qui limitera cependant les dégâts. Les décès dus à la maladie sont très rares.

Il n’existe pas de vaccin contre la borréliose. Au cours d’une vie, il est possible de développer plusieurs fois la borréliose à la suite de piqûres de tiques infectées.


L’encéphalite à tiques

L’encéphalopathie à tiques est aussi appelée méningo-encéphalite verno-estivale. L’agent pathogène est un virus qui se localise dans les glandes salivaires de la tique. Dans ce cas la tique infectée transmet le virus à l’homme dès qu’elle le pique. En Suisse, le virus est maintenant répandu sur tout le territoire, excepté Genève et le Tessin. C’est pourquoi l’Office Fédéral de la Santé Publique recommande la vaccination à toutes les personnes à risques, c’est-à-dire celles qui ont beaucoup d’activités en plein air et en forêt en particulier. Il est d’ailleurs pris en charge par l’assurance de base depuis le 01.01.2019.

Une fois parvenu dans le sang de l’homme, le virus va s’attaquer au système nerveux central. La maladie se déroule en deux phases.

La première phase se présente comme une grippe, avec de la fièvre, des maux de tête et des douleurs musculaires et articulaires. La maladie s’arrête à ce stade dans 10 % des cas. Bien plus fréquemment elle évolue vers une deuxième phase beaucoup plus sévère.

Le patient développe alors une méningite ou, dans les formes plus graves, une méningo-encéphalite caractérisée par des troubles neurologiques importants de durée variable. La guérison est le plus souvent complète, mais dans environ 15 % des cas l’atteinte des centres nerveux laisse des séquelles. Rarement (1 à 2 % des cas) la maladie est fatale.

Il n’y a pas de traitement spécifique de l’encéphalite à tiques. Les soins médicaux prodigués au patient ont pour but de permettre à celui-ci de traverser la période critique et d’atténuer les symptômes. En revanche, il est possible de prévenir la maladie par la vaccination.

Les patients guéris d’une encéphalite à tiques sont en principe immunisés à vie. La vaccination est recommandée aux personnes (travailleurs en plein air, promeneurs, chasseurs) qui fréquentent les régions à risque. Le vaccin est administré par injection intramusculaire en trois doses successives.


Comme vous pouvez le constater, nous nous sommes intéressés aux personnes. Concernant les chiens, ce site vous donnera tous les renseignements utiles : https://piqure-de-tique.ch/risque/les-animaux/

Un article intéressant, à lire également: https://www.terrenature.ch/proteger-son-animal-des-tiques/